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Cameroun : La deuxième vie des téléphones portables

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A Douala, des jeunes se sont lancés depuis 2016 dans un projet de collecte et recyclage de déchets de mobiles.

Douala. Des jeunes de l'Ong Fctv effectuent un tri des déchets de téléphones portables.

Des jeunes de l’Ong Fctv effectuent un tri des déchets de téléphones portables Crédit Photo: Mathias Mouendé Ngamo

 «Quand je suis encombré par les accessoires de téléphones portables, je les déverse dans une poubelle. Mais la plupart du temps, je les rassemble et je les brûle pour m’en débarrasser et faire un peu d’espace dans mon atelier». Ce réparateur de téléphones portables endommagés rencontré au lieu-dit Ancien 3ème à Douala, capitale économique du Cameroun, n’a pas conscience des dangers qu’il fait peser sur la santé de son entourage et sur l’environnement. Il n’est d’ailleurs pas le seul à avoir recours à ces méthodes. Le lieu-dit Ancien 3ème à Douala et le lieu-dit Avenue Kennedy dans la ville de Yaoundé abritent des centaines de réparateurs de mobiles qui peuvent recevoir par jour de travail, près de dix clients chacun. La quantité de déchets de mobiles déversés dans la nature ou consumés est alors énorme.

«Les téléphones portables sont faits de matières toxiques, notamment les batteries, qui, lorsqu’elles sont incinérées comme c’est le cas chez plusieurs réparateurs, ou lorsqu’elles sont abandonnées dans la nature, notamment dans les eaux, ça émane des substances toxiques comme le mercure, la bauxite, très dangereux pour la santé. En cas d’inhalation des fumées émanant de la carbonisation des batteries par exemple, vous pouvez avoir un cancer si vous êtes exposés longuement. Les femmes enceintes risquent aussi des complications de grossesse», explique Lucien Yopa.

Il est le Point Focal de la Fondation camerounaise de la terre vivante (Fctv). Ladite Ong a lancé depuis janvier 2016, le projet de « collecte et recyclage de déchets de téléphones mobiles ». Une initiative qui redonne une deuxième vie aux téléphones portables.

Plus de 13 tonnes déjà collectées

Les six jeunes impliqués dans le projet se regroupent tous les matins à l’atelier sis à Bonabéri, un quartier périphérique de la ville de Douala. Au quotidien, les deux collecteurs, Issa et Roger, empruntent leur motocyclette et défient les embouteillages. Ils vont à la rencontre des réparateurs de téléphones portables endommagés. Ils ciblent en priorité les propriétaires d’ateliers avec lesquels ils ont fixé un rendez-vous pour la collecte. Ils prospectent ensuite de nouveaux clients. A chaque arrêt, les formalités de politesse remplies, les deux collecteurs procèdent à un premier tri. Les cartes électroniques encore appelées cartes-mères sont rangées dans un sac. Les autres accessoires sont compilés dans un autre sac. Les déchets passent à la pesée et les quantités sont consignées dans un cahier de bord.

En plus d’avoir été débarrassé de plusieurs kilogrammes de déchets, le propriétaire de l’atelier reçoit une prime en retour. Tenez, pour un kilogramme de cartes-mères collecté, le réparateur a droit à 8500 F. Cfa en compensation (environ 13 Euros). Ce mercredi, Bouba Moussa peut se frotter les mains. Pour 37,65 kg de cartes-mères collectées dans son atelier, il a reçu 32 025 F. Cfa (près 49 Euros). Pour les autres types d’accessoires collectés, un Kg de déchets est évalué à 250 F. Cfa (0,38 Euro). Issa et Roger font savoir qu’ils collectent près de 100 Kg de déchets mobiles à Douala, par jour de collecte. D’autres déchets en provenance de Yaoundé sont livrés dans des camions sur place, à Bonabéri, apprend-on. D’après les statistiques de la Fctv, un peu plus de 13 tonnes de déchets mobiles avaient déjà été collectés en date du 31 janvier 2017.

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Les collecteurs de la Fctv de retour à l’atelier à Bonabéri. Crédit photo: Mathias Mouendé Ngamo

Recyclage

Une fois la journée de collecte achevée, les deux collecteurs retournent à l’atelier à Bonabéri. Les déchets de mobiles repassent à la pesée. Un agent de traçabilité relève les quantités dans un gros registre. Les sacs sont ensuite conduits à la table de tri, où Carine Motsa, l’agent en poste, repartit les différents types de déchets (batteries, chargeurs, écouteurs, cartes-mères, plastiques, ferrailles) dans les seaux mis à sa disposition. Chaque type de déchet sera ensuite rangé dans un sac, pesé à nouveau, et stocké. Lorsque le tonnage requis sera atteint, ces déchets seront expédiés en France pour la phase de recyclage. Le 21 février 2017, 12 tonnes de ces déchets ont quitté le pays pour la France.

« Nos partenaires, Les Ateliers de Bocage qui sont en France, lorsqu’ils reçoivent ces déchets, ils les réutilisent pour la fabrication d’autres téléphones portales. Ils effectuent un pré-traitement (voir s’il y a des téléphones qui peuvent être remis en marche et les injectent dans le circuit de téléphones d’occasion », détaille Gilles Azemazi, le chef d’atelier.

En  France aussi, du plomb est extrait des câbles. Le mercure est extrait dans les écrans de mobiles. Ce mercure est réutilisé pour la fabrication d’autres écrans de téléphones portables. Les déchets qui n’ont pas passé le test de pré-traitement sont acheminés par Les Ateliers du Bocage vers l’entreprise Morphosis (une entreprise partenaire) pour un recyclage spécialisé, notamment la fabrication d’autres pièces en plastique comme les boutons de voiture. Lor contenu dans les cartes-mères est également extrait et fondu. La ferraille est mise en bloc pour la revente, apprend-on. Tout un process qui génère en outre de nouveaux emplois.

Mathias Mouendé Ngamo

 

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Auteur : mouenthias

Bonjour chers tous. Je suis journaliste et blogueur camerounais. Je réside à Douala. Mon souci à travers mes articles est d'informer, de former les citoyens et de provoquer en eux un changement positif de comportements. Le but final est d'obtenir, en tout lieu sur la planète terre, "Un corps sain dans un environnement sain". La sauvegarde de l'environnement est le gage d'un meilleur lendemain. Soyons tous des éco-citoyens. Vous pouvez me contacter par e-mail à l'adresse mouenthias@yahoo.fr Bonne lecture

5 réflexions sur “Cameroun : La deuxième vie des téléphones portables

  1. Thanks for the write-up Biocamer…

  2. Très belle initiative de cette fondation la terre vivante. Je souhaite répliquer ce projet au Togo où des centaines de déchets de téléphone sont aussi déversées dans la nature,

  3. Bonjour très belle initiative de la fondation terre vivante. Je voudrais entré en contact avec vous afin de voir si il peut y avoir une collaboration afin que je puisse reproduire cette initiative dans mon pays aussi le Benin ou nous avons aussi une très grande pollution de ces déchets de téléphone.

  4. Bonjour, Je suis émerveillé de pouvoir entendre et découvrire une chose qui m’a toujours hanté l’esprit, j’aimerai poursuivre se projet dans mon pays la RDC car j’ai eu à plusieurs reprise contacté mes amis à l’étranger pour m’aider à monter un projet pour assainnir notre ville province Kinshasa en particulier aussi en générale le grand Congo, RDC. Je vous contact tout de suite et aidez-moi à faire de meme, je vous serai très reconnaisant.

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